Errance diagnostique en santé mentale
Quand les symptômes cherchent un nom
De l’errance diagnostique à l’accompagnement
Comprendre sans enfermer. Être reconnu sans être réduit.
« Qu’est-ce que j’ai ? » Derrière une première demande de consultation, il y a souvent cette question. Elle paraît simple. Elle l’est rarement. Cette réflexion s’intéresse à ce qui se joue autour du diagnostic : les années passées à chercher une réponse, le soulagement de trouver un nom, le risque de s’y réduire, et tout ce qu’il reste à construire une fois le nom posé, dans le couple, la famille, la parentalité et le travail.
Je pars de la personne et de ce qu’elle dit de son expérience, avant toute catégorie.
Avant le diagnostic
Des années à chercher
Quand une personne arrive en consultation, elle a parfois déjà beaucoup consulté. Un médecin généraliste, puis un autre. Un bilan sanguin « normal ». Une première piste : le stress. Une deuxième : un épisode dépressif. Une troisième, quelques années plus tard : l’anxiété. Chaque professionnel formule une hypothèse, souvent raisonnable, parfois partielle, et la personne repart avec une explication de plus qui ne tient pas tout à fait.
Prenons un exemple imaginaire, composé de situations que l’on rencontre souvent. Une femme d’une trentaine d’années est épuisée depuis longtemps. Elle dort mal, a du mal à se concentrer, s’emporte plus vite qu’avant, se sent « à côté » dans les réunions comme dans les repas de famille. On lui a dit qu’elle était trop sensible, qu’elle devait se reposer, puis qu’elle faisait peut-être un burn-out. Aucune de ces réponses n’est absurde. Aucune ne rend compte de ce qu’elle vit depuis l’adolescence.
Ce parcours use. Pas seulement à cause des rendez-vous, des délais et des frais, mais parce qu’à force de raconter son histoire à de nouveaux interlocuteurs, on finit par douter de sa propre perception. « Peut-être que j’exagère. » « Peut-être que c’est moi qui ne fais pas assez d’efforts. » L’errance ne fait pas qu’allonger la souffrance : elle peut entamer la confiance que l’on a dans ce que l’on ressent.
Quand les symptômes se ressemblent
Cette errance n’est pas toujours la faute de quelqu’un. Les symptômes se recouvrent. L’anxiété, la fatigue, les troubles du sommeil, les difficultés de concentration et l’irritabilité se retrouvent dans des problématiques très différentes. Certaines personnes, notamment des femmes, sont longtemps passées à côté d’un diagnostic parce que leurs difficultés ne ressemblaient pas à ce que l’on décrivait traditionnellement. D’autres ont connu des périodes où tout allait à peu près bien, ce qui brouille encore les pistes.
J’ai rencontré cette difficulté pendant ma formation universitaire en psychotraumatologie, dans le cadre d’une réflexion personnelle de travail : les symptômes d’un traumatisme sont nombreux, ils s’intriquent, ils évoluent dans le temps, et il faut parfois du temps pour discerner ce qui relève du traumatisme, d’un autre trouble, d’une association de difficultés ou d’une évolution.
Dans ces conditions, on comprend que le besoin d’un nom devienne très fort. Mettre fin à l’incertitude, pouvoir enfin dire « voilà ce que j’ai », c’est aussi pouvoir se dire que l’on n’est pas en train d’inventer.
Un symptôme ne raconte pas toute l’histoire
Un même symptôme peut appartenir à des histoires très différentes. Les troubles anxieux s’accompagnent souvent de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, parfois de troubles de la mémoire. Une anxiété qui dure épuise et peut déboucher sur des symptômes dépressifs. Une dépression peut survenir après un deuil, une séparation ou une perte d’emploi ; d’autres formes de dépression et les troubles liés au traumatisme demandent une compréhension et une prise en charge adaptées à la situation et à son évolution.
Une difficulté de concentration ne dit pas à elle seule s’il s’agit d’un TDAH. Une période d’abattement ne fait pas forcément une dépression. Une humeur qui varie ne suffit pas pour parler de bipolarité. Une dissociation, une hypervigilance ou un sommeil perturbé peuvent prendre place dans des fonctionnements très différents.
Cela ne veut pas dire que ces diagnostics n’existent pas, ni qu’ils seraient interchangeables. Cela veut dire qu’ils se comprennent dans un contexte, et que l’évaluation, qui revient aux médecins et aux psychiatres, demande du temps.
Témoignages
La parole s’est libérée, et c’est un progrès
La parole autour de la santé mentale a beaucoup changé. De plus en plus de personnes connues racontent leur bipolarité, leur dépression, leur TDAH, leur place dans le spectre de l’autisme, leur rapport à l’alcool ou leur ancienne consommation de drogues. Certaines deviennent de véritables porte-paroles. Elles rendent visibles des réalités longtemps cachées, elles combattent la honte et les discriminations, et elles permettent à des personnes isolées de se reconnaître dans une expérience racontée à voix haute.
Je vois dans cette évolution un progrès réel. Pouvoir dire « je suis concerné », « je souffre », « voilà ce que je traverse », est souvent une étape essentielle.
Le regard des autres
Une réalité collective, encore mal accueillie
La maladie mentale reste pourtant difficile à accueillir. Elle peut susciter la peur, la gêne, le doute ou des jugements rapides. On l’associe parfois à une faiblesse, à un manque de volonté, à une incapacité à « se prendre en main », voire à un danger. Même lorsque les intentions sont bonnes, les réactions peuvent être maladroites : minimiser la souffrance, conseiller de faire un effort, éviter le sujet ou ne plus voir la personne qu’à travers son trouble. Ces attitudes ne sont pas anodines : elles peuvent isoler, fragiliser l’estime de soi et rendre plus difficile le fait de demander de l’aide.
Les chiffres rappellent pourtant que nous ne parlons pas d’une réalité marginale. Les estimations couramment citées évoquent environ une personne sur cinq concernée chaque année par un trouble psychique, qu’il soit passager (par exemple une dépression liée à un événement de vie) ou durable. Cela représente environ 13 millions de personnes en France. Les troubles psychiques sévères concernent une part bien plus réduite de la population : environ 3 millions de personnes. Ces chiffres sont des ordres de grandeur : ils varient selon les définitions, les périodes et les sources retenues.
1 personne sur 5
concernée chaque année par un trouble psychique.
13 millions
de personnes concernées chaque année en France.
3 millions
de personnes vivent avec un trouble psychique sévère.
Ces proportions devraient suffire à faire de l’information et de l’éducation à la santé mentale une priorité collective. Former les professionnels, sensibiliser à l’école et au travail, apprendre à écouter sans diagnostiquer à la place des soignants, savoir orienter vers les bonnes ressources : il ne s’agit pas de demander à chacun de devenir spécialiste, mais de faire reculer les réflexes de honte, de peur et de mise à l’écart.
Source des chiffres : Gouvernement, « Parlons santé mentale », 2025. Voir aussi les références en fin de page.
Vivre avec un trouble psychique
Une autre façon d’être au monde
La maladie mentale modifie parfois profondément la manière d’habiter le monde. Elle peut altérer l’énergie, la concentration, le sommeil, l’humeur, la confiance, la capacité à décider ou à maintenir des liens. Ce qui semblait autrefois simple, comme répondre à un message, se rendre à un rendez-vous, tenir une journée de travail, supporter le bruit ou une conversation, peut devenir coûteux. Pour certaines personnes, cette réalité ressemble à un handicap invisible : l’effort fourni n’est pas toujours perceptible de l’extérieur, et les limites sont souvent mal comprises.
Il serait pourtant tout aussi réducteur de présenter la maladie comme une valeur ajoutée, une source automatique de créativité ou une forme de supériorité. La souffrance n’a pas besoin d’être transformée en leçon pour être digne d’attention. Certaines personnes découvrent, au fil du parcours, une sensibilité différente, une connaissance plus fine d’elles-mêmes ou une autre manière de regarder les relations. D’autres traversent surtout une immense fatigue, une perte de repères ou un sentiment d’injustice. Ces vécus peuvent coexister, se succéder, varier selon les périodes. Il n’existe pas une seule manière d’être malade.
Faut-il continuer à lutter pour répondre aux attentes ?
Notre société valorise la productivité, la rapidité d’exécution, la disponibilité, la réactivité, les échanges permanents et une communication immédiatement compréhensible. Or la maladie psychique peut précisément rendre ces exigences plus difficiles à satisfaire. Faut-il alors continuer à lutter contre soi-même pour rester à la hauteur de ce modèle ? Ou pouvons-nous questionner aussi le modèle lui-même, ses rythmes, ses normes et la place qu’il accorde à la vulnérabilité ?
Il ne s’agit pas de renoncer aux soins, ni de prétendre que toute difficulté doit être acceptée sans chercher de soulagement. Il s’agit de distinguer ce qui aide réellement la personne à aller mieux de ce qui lui demande seulement de masquer ses symptômes pour rester conforme. Le soin peut permettre de retrouver des possibilités ; les aménagements, le repos, les limites explicites et des relations plus compréhensives peuvent aussi rendre la vie plus habitable. La responsabilité de l’adaptation ne devrait pas reposer uniquement sur la personne malade.
Le moment du diagnostic
Le diagnostic : soulagement, rupture, recommencement
Pour quelqu’un qui cherche depuis longtemps, les témoignages peuvent avoir un pouvoir particulier. On lit un article, on regarde une vidéo, on écoute quelqu’un raconter son parcours, et soudain certains mots mettent du sens là où il n’y avait que de la confusion : « C’est exactement moi. » Cette reconnaissance peut être un vrai soulagement. Elle est souvent le point de départ d’une démarche de soin et permet parfois de relire une vie sous un autre jour : ce n’était pas de la paresse, ni de la mauvaise volonté. Ce soulagement peut s’accompagner d’une tristesse, celle de tout ce qui aurait pu se passer autrement si l’on avait su plus tôt.
Mais la reconnaissance peut aussi aller très vite. « Je suis dépressif », « je suis bipolaire », « je suis TDAH », « je suis autiste », « je suis traumatisé ». Pour certaines personnes, cette manière de se dire est juste et précieuse : elles y trouvent une communauté, un langage commun, parfois une fierté. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où le nom devient la seule porte d’entrée pour se comprendre, et où tout le reste (le caractère, l’histoire, les choix, les relations) passe au second plan.
Avoir un diagnostic, être son diagnostic
Un diagnostic peut être profondément utile. Il peut ouvrir l’accès à des soins, éclairer un fonctionnement, donner des mots à une expérience et parfois dissiper une culpabilité ancienne. Mais il change aussi le regard que l’on porte sur soi, et celui des autres. Un comportement devient « son TDAH », une réaction devient « sa bipolarité », une dispute devient « son traumatisme », une période de fatigue devient « sa dépression ». Peu à peu, le diagnostic peut devenir la seule grille de lecture, pour la personne comme pour son entourage.
Avoir un diagnostic et être son diagnostic ne sont pas la même chose.
Or une personne est toujours plus vaste que la catégorie dans laquelle on la range. On peut être fragile et compétente, anxieuse et créative, en difficulté et aimante, traumatisée et pleine de ressources. On peut avoir besoin d’aide sans être définie par ce besoin.
Après le diagnostic
Après le nom, la vie continue
Un diagnostic apporte une réponse, rarement toutes les réponses. Il peut expliquer certains fonctionnements sans expliquer une vie entière. Il peut aider à comprendre le passé sans dire comment vivre avec cette compréhension aujourd’hui.
Une fois le nom posé, il reste des questions très concrètes. Qu’est-ce que cela change dans la façon dont je me vois ? Faut-il en parler à mon employeur, à mes collègues, et comment le faire sans que l’on ne voie plus que cela ? Comment en parler à mes proches, à mes enfants ? Comment demander un aménagement sans avoir l’impression de devoir justifier toute mon existence ? Comment être parent quand on traverse soi-même une période de grande fragilité ?
Ces questions ne figurent pas dans le diagnostic. Elles appartiennent à la vie, et elles ne s’arrêtent pas à la porte du cabinet d’un psychiatre ou d’un psychologue : elles se retrouvent dans tous les domaines de la vie, jusque dans la confiance en soi et la capacité de décider.
Un changement de regard, sur soi et chez les autres
Pour certaines personnes, le diagnostic ressemble à une rupture biographique. La souffrance était déjà là, parfois depuis des années ; mais aujourd’hui, elle porte un nom. Ce nom peut enfin donner du sens, ouvrir des droits, orienter vers des soins. Il peut aussi faire peur, parce qu’il rend la réalité plus concrète et oblige à reconsidérer son histoire, ses projets et l’image que l’on avait de soi.
Il arrive alors de ne plus se reconnaître tout à fait. La personne doit apprendre à vivre avec une information nouvelle, à réinterpréter certains souvenirs, à redéfinir ses limites, parfois à renoncer à une image idéalisée d’elle-même. En parallèle, elle peut redouter le regard de l’entourage : sera-t-elle encore considérée comme fiable, compétente, désirable, capable d’être parent ou collègue ? Le risque est de se sentir déclassée, mise à distance, ou enfermée dans une identité qui prend toute la place.
Pour certains, cela ressemble à une petite mort sociale : non pas parce que la personne disparaît, mais parce que la place qu’elle pensait occuper semble soudain menacée. Cette expérience n’est ni systématique ni irréversible. Elle dépend du trouble, du contexte, des soutiens disponibles et des réactions rencontrées. Mais elle mérite d’être entendue sans être minimisée. La personne ne traverse pas seulement une maladie : elle traverse aussi un changement de regard sur elle-même et, parfois, un changement de regard des autres sur elle.
Mon accompagnement
Ce que peut être
un accompagnement
L’accompagnement que je propose se situe dans cet espace. Il ne s’agit pas de poser un diagnostic à la place d’un psychiatre ni de se substituer au médecin, qui évalue et prescrit. Je suis là pour accompagner ce changement, cette façon d’être au monde qui évolue, au plus près du ressenti de chacun.
Il s’agit de prendre le temps de regarder ce que la personne vit : ses symptômes, son histoire, son environnement, ses relations, ses ressources, et ce que le diagnostic, quand il y en a un, a changé dans la façon dont elle se voit et dont les autres la voient. La personne reste la mieux placée pour parler de ce qu’elle vit, et mon rôle est de l’aider à le formuler, non de lui dire qui elle est.
Il y a souvent de la peur, de la honte, un sentiment d’injustice. Parfois tout cela vient s’ajouter à d’autres difficultés, déjà là depuis longtemps. Chacun traverse ce parcours de soins à sa manière, parfois pendant plusieurs années, et la peine de chacun mérite d’être comprise : celle de la personne comme celle de ses proches.
Le travail peut commencer avant le diagnostic, quand la personne est encore dans l’incertitude, qu’elle a déjà beaucoup consulté et ne sait plus très bien à qui se fier. Il peut aussi se poursuivre après, quand le nom est posé mais qu’il reste à trouver comment vivre avec.
Lorsque c’est une maladie somatique, chronique ou grave, qui bouleverse la vie, l’accompagnement que je propose est détaillé sur la page Vivre avec la maladie.
Dans toutes les sphères de la vie
L’accompagnement tient compte de plusieurs dimensions : le lien aux autres, les limites interpersonnelles, la régulation des émotions, l’estime de soi, l’engagement et la réinsertion sociale et professionnelle.
Concrètement, dans le couple, il peut s’agir de comprendre comment les difficultés de l’un transforment la relation, et d’éviter que le diagnostic ne devienne l’explication permanente de chaque conflit. Dans la famille, il peut être question de retrouver une communication qui s’était construite autour de la peur, de l’incompréhension ou de la culpabilité. Avec les enfants, il s’agit de trouver les mots pour expliquer une difficulté sans leur en faire porter la responsabilité, et de penser leur éducation comme la communication avec eux. Après des années où le rôle de parent n’a pas toujours été simple, et dans des configurations très différentes, il s’agit de rester parent pendant une période fragile, sans chercher à être parfait et sans laisser la souffrance occuper toute la place.
Au travail, il peut s’agir de préserver son identité professionnelle, ses compétences et ses ambitions tout en tenant compte de ses limites. Dans l’amitié comme ailleurs, de pouvoir dire où l’on en est sans craindre d’être mis à distance.
Accompagner, ce n’est pas seulement chercher à réduire un symptôme. C’est aussi aider la personne à retrouver une capacité à se penser autrement : « j’ai ce fonctionnement » plutôt que « je ne suis que ce fonctionnement », « je rencontre cette difficulté » plutôt que « je suis incapable », « j’ai besoin d’aide aujourd’hui » plutôt que « je serai toujours dépendant des autres ». Le diagnostic devient alors un outil de compréhension. Il aide à repérer ses besoins, ses limites et ses ressources, à demander de l’aide, à mettre en place des aménagements, à mieux communiquer avec ses proches. Il n’a pas à empêcher de découvrir ce qui existe au-delà de lui.
Prévenir les discriminations
Éduquer, former, faire évoluer les regards
Si près d’une personne sur cinq est concernée chaque année, les chiffres ne devraient pas seulement servir à mesurer l’ampleur du phénomène. Ils devraient nous inviter à agir. Informer le grand public, former les équipes éducatives et professionnelles, mieux préparer les managers, donner des repères aux familles, apprendre à parler de santé mentale sans réduire les personnes à leur diagnostic : tout cela participe d’une prévention des discriminations. Une société plus accueillante ne se mesure pas seulement à sa capacité à nommer les troubles, mais à la place concrète qu’elle laisse aux personnes qui les vivent.
Il ne s’agit pas de demander à chacun de tout comprendre immédiatement. Il s’agit de cultiver une curiosité respectueuse, de ne pas confondre une difficulté avec un manque de volonté, et d’accepter que l’autre puisse avoir besoin d’un rythme différent, d’un aménagement, de silence ou d’une explication plus claire.
La différence n’a pas toujours besoin d’être célébrée ; elle a d’abord besoin de ne pas être punie.
Pour conclure
Tenir deux choses ensemble
Il ne s’agit pas de se méfier des diagnostics : ils peuvent être indispensables, tout comme la libération de la parole sur la santé mentale. Il s’agit de tenir deux choses ensemble. Nous avons besoin de mieux nommer les souffrances, et nous devons veiller à ne pas réduire les personnes aux mots qui servent à les nommer.
Une personne peut trouver dans son diagnostic une explication, un soulagement, une communauté, parfois une forme de fierté. Elle doit aussi pouvoir rester autre chose : une professionnelle, un parent, un ami, quelqu’un qui a des projets et qui évolue. Sa singularité n’a pas besoin de devenir un « super-pouvoir » pour avoir de la valeur. Elle peut simplement être reconnue comme une manière particulière d’être au monde, avec ses forces et ses fragilités.
La maladie peut être une souffrance immense, une limitation durable ou passagère, un handicap invisible, une expérience qui transforme les priorités. Elle peut aussi, parfois, ouvrir une autre compréhension de soi. Aucune de ces dimensions ne doit être imposée comme vérité générale. La personne doit pouvoir dire ce qu’elle vit, ce qu’elle perd, ce qu’elle découvre et ce dont elle a besoin, sans être sommée de tirer une leçon positive de sa souffrance.
Avant le diagnostic, il y a une personne qui souffre. Après le diagnostic, il y a toujours une personne : elle travaille, elle aime, elle doute, elle apprend, elle élève parfois des enfants, elle construit des relations.
Le diagnostic peut être un repère. Je souhaite qu’il ne devienne pas un enfermement.
Le cadre
Un complément, jamais un substitut
Je ne pose pas de diagnostic et je ne me prononce pas sur un traitement. Mon accompagnement ne remplace ni un avis médical, ni un diagnostic, ni un traitement, ni un suivi psychiatrique lorsqu’il est nécessaire : il les complète. Il porte sur l’expérience vécue, l’incertitude, le changement de regard sur soi et la manière de vivre avant ou après un diagnostic.
En cas de détresse importante ou d’idées noires, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 heures sur 24.
Pour un fonctionnement neurodivergent, diagnostiqué ou non, voir aussi mon accompagnement du TDAH, du TSA et des troubles dys. D’autres repères et réflexions sont réunis dans Pour aller plus loin, notamment le guide Psys et thérapies, pour savoir qui consulter.
Références
Chaque lien ouvre directement le passage concerné (pour les documents PDF, la page indiquée).
- Gouvernement, « Parlons santé mentale », Grande cause nationale, 2025. Une personne sur cinq concernée chaque année, 13 millions de personnes présentant un trouble psychique chaque année, et 3 millions vivant avec un trouble psychique sévère (ce dernier chiffre attribué par la page à Santé publique France).
- Haute Autorité de santé, recommandation « TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents », 2024, p. 10. Un TDAH moins bien repéré chez les filles, aux symptômes plus difficilement perceptibles. Même document, p. 19 : plusieurs troubles peuvent présenter des symptômes proches de ceux du TDAH.
- Assurance maladie, « TDAH : symptômes, diagnostic et évolution », ameli.fr. Un diagnostic difficile à poser, d’autres problèmes pouvant entraîner des symptômes similaires.
- Haute Autorité de santé, recommandation « Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie », argumentaire, 2026, p. 25. Des diagnostics tardifs plus fréquents chez les filles. Le chapitre 9.2 du même document est consacré au diagnostic à un âge tardif.
- Organisation mondiale de la santé, nouveau manuel de diagnostic de la CIM-11 pour les troubles mentaux, 2024 (en anglais). Un diagnostic exact, première étape vers des soins adaptés. Le manuel lui-même : descriptions cliniques et exigences diagnostiques de la CIM-11.